ROMEOELVICOVER

Dans l'oeil de Martin Gallone

Martin Gallone est un artiste Bruxellois qui repousse sans cesse les codes de la photographie classique. Egalement réalisateur, Martin est un véritable touche à tout. Depuis son adolescence il s’amuse à nous raconter son quotidien avec sa bande de potes à coup de photographies poignantes.
Actuellement à Paris pour son exposition « famille nombreuse« , Martin à répondu à quelques une de nos questions.

1/ Hello Martin, ça va bien ? Peux-tu te présenter rapidement ?

Salut LBDF ! J’ai 29 ans, j’habite à Bruxelles depuis 2012 mais à la base je suis un enfant du soleil, du sud de la France à côté de Marseille. Je suis photographe et je pratique aussi la vidéo.

2/ Depuis combien de temps et comment as-tu commencé la photographie ?

Je fais des photos depuis l’âge de 18 ans, anniversaire auquel j’ai reçu mon premier appareil photo. J’habitais à Marseille pour mes études, cette ville et ces habitants ont déclenché chez moi l’envie de faire des images. J’étais déjà un grand consommateur d’images mais pas encore photographe. J’ai commencé avec un Nikon d40 et un 50mm.

3/ Tu bosses beaucoup avec Roméo Elvis et tu es souvent en tournée avec lui, pourtant la photographie de concert n’a pas l’air de t’intéresser plus que ça, pourquoi ? Qu’est-ce qui te plait dans le fait de capturer des photos « backstage » ?

Hahaha pourquoi dis-tu que la photographie de concert ne m’intéresse pas ? Ça se ressent tant que ça ? Hahaha

Quand j’étais en apprentissage de la photo je me suis dis que photographier des concerts c’était une sous catégorie de la photo et que ça serait la pire chose pour moi que de devoir faire ça ! Au final c’est devenu une partie de mon travail actuellement !

Le photographe de concert est soumis à un décor, une lumière, au placement de l’artiste qu’il photographie. Pour ces raisons je me disais que c’était vraiment le pire pour un créatif que de se retrouver à ne rien pouvoir contrôler, être au service du chanteur/groupe et mitrailler comme un dingue pour sortir une image. Et une image qui de plus, ressemble à 1000 autres photos de concert. C’est très dur pour un photographe de se dire que ton image est semblable à celle des autres.

Au final l’expérience avec Roméo est tout à fait différente, parce que je photographie chaque concert et pas seulement le moment sur scène mais tout les moments avant et tout les moments après. Je filme aussi, je monte sur scène sur certains morceaux. Et quand je travaille je pense à faire des images utiles au documentaire qui se fera dans 3 ans ou pour le livre, et je pense aussi au post instagram de Roméo dans 1h.

Ce qui me plait ici, c’est que ce projet s’installe dans la durée, ça va faire 3 ans que l’on photographie l’aventure Roméo Elvis (avec mon binôme Nicolas Catalano). Nous sommes les gardiens des souvenirs du groupe depuis le premier concert. Nous sommes aussi des anthropologues, même si on fait partie du groupe, on essaye de prendre du recul, on va bientôt faire un livre de cette histoire. On bouge tout le temps, on vit des expériences incroyables.

4/ Il y a dans tes photos des cadrages peu conventionnels, nous avons l’impression que tu déclenches sans trop réfléchir à la composition de ta photo, cela donne une dimension très humaine a ton travail, est-ce voulu ? 

Réfléchir, pourquoi faire ? C’est l’appareil qui réfléchi à ma place !
On va dire que j’ai appris à désapprendre les cadrages classiques.

Moi je dois être disponible avec l’humain que j’ai en face de moi. Il faut garder une part d’instinct dans ce que je fais, car je photographie beaucoup de moments pris sur le vif et tout se passe très vite.

L’humain a pour moi une place très importante, ce sont les gens qui m’intéressent le plus, parler de ce qui nous rapproche et ce qui nous rend vulnérables.

5/  Quelles sont tes influences/inspirations ?

Tout a commencé quand j’ai découvert Saul Leiter qui photographiait NewYork dans les années 50, des images pleines d’abstraction et d’onirisme.
Puis j’ai découvert le travail de Lee Friedlander, Helmut Newton pour la mode et les femmes , Willian Eggleston pour la couleur, Wolfgang Tillmans, JH  Engström. Le japonais Araki bien sûr ultra productif.
Vincent Delbrouck qui a été mon professeur à Bruxelles qui m’a beaucoup apporté. Tiane Doan Champassak pour ses éditions de livres ultras soignées, Martin Parr pour son coup de flash incontournable, Gregory Halpern.
Hervé Guibert pour ses écrits sur la photographie. Robert Mapplethorpe, Vivian Sassen, et Dana Lixenberg pour son magnifique livre Imperial Courts 1993-2005. Les autoportraits noirs et blancs du finlandais Arno Rafael Minkkinen.
Les intérieurs abandonnés de John Divola.
Le cinéma de David Lynch pour l’image et de Pedro Almodovar pour les histoires de femmes.

Crédit : Martin Parr
Crédit : Willian Eggleston
Crédit : Robert Mapplethorpe

6/ Tu as également réalisé quelques clips, est-ce que pour toi la photographie et la vidéo sont deux arts complémentaires ?

Oui bien sûr. Je prends beaucoup de plaisir à faire du montage, les possibilités deviennent quasi infinies quand l’image fixe s’anime, tu ajoutes du son tout prend un autre sens, suivant l’image qui précède et l’image qui suit… c’est la magie du montage qui opère.

7/ Des projets pour la suite ?

On a pour l’instant une exposition en cours avec mon collectif Straussphère : « Famille Nombreuse ».
C’est visible à Paris jusqu’au 17 janvier 2020 à là Initial Galerie. On raconte l’aventure de la tournée en images.

On a très envie d’en faire un livre aussi, ça va arriver en 2020 normalement.
Puis le documentaire suivra, ça va être un gros chantier car on filme à deux depuis 4 ans, ça fait beaucoup de rush à regarder.

Enfin, on aimerait beaucoup revenir sur nos projets plus personnels, que l’on a mis en pause depuis que l’aventure Roméo Elvis a commencé.
J’ai mis de côté un projet de livre sur mon père : Bois sans soif
Un projet sur Matongé, un quartier de Bruxelles où j’ai passé 3 ans a m’intégrer dans un groupe de dealers.
Et un projet très intime sur Anna, une personne dont j’étais très amoureux.

Exposition « Famille Nombreuse » – Straussphère – Paris
Exposition « Famille Nombreuse » – Straussphère – Paris
Exposition « Famille Nombreuse » – Straussphère – Paris

8/ Et pour finir, ta track du moment ?

STILL CRUISIN’ par Jimmy Whoo

Retrouvez Martin sur les réseaux :

https://www.instagram.com/gallone__/?hl=fr
https://www.instagram.com/straussphere/?hl=fr

Exposition « Famille nombreuse » : https://www.9lives-magazine.com/events/famille-nombreuse-straussphere/

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Thomas Restout

Thomas Restout

Photographe passionné depuis son plus jeune âge, Thomas écume la nuit parisienne depuis plusieurs années, armé de son appareil. Touche à tout et perfectionniste, il porte le projet depuis sa fondation en 2017.