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Louis, « Les Dimanches électroniques »

Les Dimanches électroniques font vibrer Caen depuis plusieurs années maintenant, et à chaque édition dans des lieux tous plus fous les uns que les autres. Au départ projet d’école, ce beau pari est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de techno et de house en normandie et même ailleurs. Rencontre avec Louis, fondateur du collectif :

Quelques mots sur ton parcours ?

J’ai commencé mon parcours par un Bac L, puis je me suis dirigé vers une école de commerce, pour le coté entreprenariat et création de projet. Je me suis dit « Pourquoi pas moi ? », et c’est là ou j’ai vraiment eu la motivation de commencer mes projets.

Comment ça a commencé, les dimanches électroniques ?

Des potes sont venus me chercher, pour un projet de troisième année, en me disant « On va faire un BDE ! ». On a travaillé sur ça l’été, mais c’est tombé à l’eau. À cette époque, on avait eu l’idée d’organiser un événement musical pour les élèves, en dehors des soirées étudiantes. On avait constaté qu’il y avait peu de choses à faire le weekend à Caen : Il y a une bonne vie associative dans l’école, mais après le vendredi, c’est un peu mort et c’est dommage pour les étudiants qui restent le weekend. On voulait faire en sorte que les gens de la ville se rencontrent, pas que les étudiants de l’EM, et aussi faire revenir un peu les gens les week-ends. Petit à petit, au fur et à mesure des événements, des gens nous ont dit qu’ils rencontraient plein de personnes, et ça nous a fait vraiment plaisir. Tout est né de l’envie de faire bouger la ville le weekend, et de l’envie de créer un projet qui ne soit pas que pour les étudiants de l’école, mais vraiment pour tout le monde.

Comment on s’y prend pour chercher, trouver un lieu atypique, et surtout réussir à organiser un évènement comme ça dedans ?

C’est pas mal de travail de recherche, c’est vraiment des tours et des tours en voiture, des escalades de barrières… Et une fois que tu trouves un lieu, il faut pas le lâcher, réussir à tenir le projet et négocier le temps qu’il faut. Caen est une petite ville, du coup les gens se connaissent un peu tous : au bout de quelques dimanches, les gens voyaient qui on était, et ça posait un peu moins de problèmes, du moment qu’on rend le lieu dans un bon état. Pour l’organisation, au fil des événements, on sait à peu près comment ça va se passer, comment installer le materiel, la sécurité, même si on essaye d’adapter nos besoins sur chaque endroit. En somme, le plus difficile c’est de trouver le lieu : On travaille sur des coins qui sont pas prévus pour accueillir des événements festifs, alors il faut bien calculer notre coup et convaincre les propriétaires. Pour notre dimanche au dôme, on s’y est pris des mois à l’avance.

Pourquoi la ville de Caen, et pourquoi ne pas étendre le projet dans d’autres villes ?

Raison logistique tout simplement. Notre école est basée à Caen, alors on a pas vraiment d’effectifs sur d’autres villes. Ça reste un projet d’école qu’on se retransmet de troisième année en troisième année, il n’y a pas d’équipe fixe. On jette quelques coups d’oeil, mais on essaye un maximum de les laisser travailler, avant qu’ils ne passent la main à leur tour. C’est déjà quelque chose de réussir à tenir et transmettre un projet comme les dimanches électroniques à Caen, alors si on s’exporte dans d’autres villes, il faudrait en faire un metier. C’est pas encore à l’ordre du jour, mais pourquoi pas y revenir un jour.

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Comment on gère un évènement comme ça de l’interieur ? Quelles sont les fonctions, les rôles de chacun ?

Chaque année il y a un chef de projet qui chapeaute le truc, puis différents pôles pour gérer chaque facettes du projet. Un pôle partenariat d’abord, qui s’occupe des partenaires comme Gallia, qui nous fournissent la bière, mais aussi Quatre Cent Quinze, avec qui on fait des sweats. Un pôle logistique, qui lui gère les prestataires et qui organise vraiment la date. Un pôle décoration, qui imagine le concept et la scénographie pour chacun des lieux. Un pôle trésorerie bien sûr, et aussi un pôle label, puisqu’on essaie en ce moment de créer un label pour promouvoir certains artistes, et ce toujours géré par des étudiants pour des étudiants. Enfin, un pôle communication, avec un graphiste et un community manager. On travaille tous ensemble et ça marche plutôt bien.

Avec quel type d’artistes vous travaillez ?

Au départ, on voulait vraiment rester sur des artistes locaux, parceque c’était important pour nous et pour le concept. Pour le style musical, on a pas vraiment de cadres, on essaie juste de s’adapter à chaque lieu et varier un petit peu même si la programmation reste essentiellement techno et house music. On a travaillé avec Madame, qui vient de notre école, et avec qui on a passé une très bonne soirée, Raoul K qui est venu d’Allemagne pour jouer à Caen, ou encore Folamour. Peut être qu’un jour on se mettra au rap, pourquoi pas, mais pas pour l’instant. On essaye surtout, nous même ou via des agences de booking, d’avoir des artistes pas trop connus mais qui peuvent monter, qui ont du potentiel : c’est des paris à chaque fois. Ca a été une belle fierté d’avoir Cercle sur un de nos évènements.

Aujourd’hui, il y a t-il des problèmes de securité pour organiser des évènements comme Les Dimanches électroniques en plein air ?

Légalement il n’y a pas trop de soucis, après, de notre coté on reste très attentifs. Il suffit qu’il arrive un truc, une fois, et c’est fini, le projet tombe à l’eau ! Niveau logistique, on est très à cheval sur la sécurité, pour éviter tout type de problèmes.

Quelle est ta fierté, aujourd’hui, dans ce projet ?

Deux choses : d’abord d’avoir réussi l’objectif premier de dynamiser Caen : Ca a permis à des petits collectifs de se monter, à des artistes d’être bookés et ça c’est vraiment sympa, même si la scene Caennaise à toujours été assez devellopée. Et c’est aussi d’avoir été repris : l’année dernière, c’était un peu compliqué, mais cette année une belle équipe gère le projet et c’est vraiment une fierté pour moi. L’idée, c’est que les dimanches électroniques continuent dans dix ans, même plus.

 

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Un mot pour la fin ?

Merci à vous, merci d’être venus, et puis j’espère que le projet va continuer à faire bouger la ville et ramener du monde !

N’hésitez donc pas à y faire un tour si vous passez en normandie ! Les prochaines dates sont ici : http://www.lesdimancheselectroniques.fr

Rayane Malki

Rayane Malki

Éternel curieux, les études littéraires de Rayane l’ont poussé à développer sa plume et à élargir sa culture. Il co-fonde le projet avec Thomas, et gère le site et son design en plus de la rédaction des articles.