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#LeBruitDesMurs : Siks

J’ai commencé à peindre quand j’avais seize ans. Je suis passé devant un magasin de bombe à chatelet et j’en ai acheté une. Le soir même j’allais taguer des messages politiques derrière un gymnase à côté de chez moi puis un pote ma suivi dans le délire. On a racheté des bombes et on commençait à sortir en douce de chez nous. Ce qui nous excitait le plus, c’était l’idée de fuir le domicile familial pour se balader la nuit dans la rue. On graffait des « Révolution, Résistance ». On pensait changer le monde avec notre peinture mais on a vite compris que ça servirait à rien alors on a commencé à poser nos blazes. Moi c’était Smok et mon pote Atas. Cette période n’a pas été très longue, 2 mois à tout casser, mais on sortait une à deux fois par semaine. Après j’ai arrêté. Pendant des années, j’hésitais à reprendre, puis en décembre dernier, j’ai craqué, je suis allé acheter des bombes et j’ai lâché mon blaze sur la petite ceinture. Maintenant j’ai plus vraiment envie d’arrêter. Recommencer est la meilleure chose que j’ai faite cette année.

Je suis plus tourné graff’ pour faire de belles fresques mais le tag c’est cool aussi, plus rapide et plus facile. Ça permet de lacher ton blaze partout où tu passes, c’est un autre délire.

De plus en plus de jeunes s’y mettent. De grandes fresques ont remplacées certains murs blancs dans beaucoup de villes, pour le plaisir de tout le monde, et on peut même voir d’anciens graffeurs collaborer avec des grandes marques de luxe..

Paris est une bonne ville pour l’art de rue. En vandale, il y a pas mal de mecs et de crew qui sont là pour tout casser, et ça fait plaisir à voir. Il y a de tout les styles et ça se tire la gueule à celui qui posera le plus. À côté de ça, la ville de Paris laisse des murs en place pour poser légalement. Ça permet aux crews de poser des gros projets, et la ville devient un musée à ciel ouvert.

C’est une sensation de liberté. Tu t’appropries le terrain,  tu en fait ce que tu veux. C’est aussi sortir de la routine, des cadres, faire quelque chose qui va pas forcement dans le système. Le temps que tu poses, t’es tranquille, tu penses à rien d’autre, c’est un plaisir.

Moralement, j’ai pas trop de mal. Je trouve ça beau. C’est de la décoration, on se pose pas vraiment la question de savoir si on peut graffer ici ou pas. Même si tout ce qu’on fait n’est pas magnifique, c’est un plaisir pour nous, et ça empêche personne de vivre.

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Thomas Restout

Thomas Restout

Photographe passionné depuis son plus jeune âge, Thomas écume la nuit parisienne depuis plusieurs années, armé de son appareil. Touche à tout et perfectionniste, il porte le projet depuis sa fondation en 2017.