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[Music] #LeBruitDuJour : Ørgie - Oliphaunt Pain | LBDF Premiere

Tout frais, tout nouveau : On vous présente aujourd’hui un live sombre et percutant, signé Ørgie : Oliphaunt Pain. Cette deuxième track qui sort en exclusivité sur Le Bruit de fond, arbore un style puissant, métallique et envoutant. C’est aussi l’occasion pour nous de vous présenter cet artiste, porte drapeau d’un enfant rebelle et dissident de la techno : l’indus.

On a rencontré Ørgie un samedi soir, assis sur l’étendue verte du parc de la villette, avec son frère. Le jeune artiste de 22 ans, parisien étudiant à Rouen, et prodige d’une techno industrielle fracassante, a échangé quelques mots avec nous : Parcours, influences, live : Qui se cache donc derrière ce nom et cette puissance de frappe qui fait sa marque de fabrique et qui a su conquérir le coeur des parisiens lors de nombreux événements ?

Orgie [n.f.] : Réunion où l’on se livre à toute sorte d’excès.

Après huit ans de batterie, et une pause de quatre ans, il commence à faire du son sur PC, et découvre le monde de la techno après la Weather Winter. Le nom, finalement, part d’un simple délire. « En partant d’un Ø barré, on a trouvé l’idée, puis on est allé chercher sur Wikipédia les différentes définitions. Ça correspondait assez bien finalement. » Progressivement, il se procure des machines qui remplaceront le sampling sur PC, et c’est pour l’amour de ce travail sur machine, qui produit un son analogique et plus percutant, qu’aujourd’hui, le jeune parisien ne se produit qu’en live (pour l’instant).

« En live tu bosses tout le temps, tu reprends pas des musiques déjà faites, t’as pas vraiment de limitation et t’es le maître total de ce que tu fais. En tant qu’artiste, c’est un travail complètement different du set. »

Il nous confie ensuite que ce style lui vient en partie du DJ anglais Ansome : « Quand je l’ai vu arriver en live, sur scène, avec ses trois tonnes de câbles, lâcher des sons de fou et sans PC, je me suis dit que je voulais faire pareil. ». Niveau influences, on retrouve aussi le belge KRTM, un artiste au style particulier, soutenant une techno rapide et distordue, dans un style unique et assez trash. Ce choix de la techno industrielle, Ørgie l’a fait progressivement : « C’est une question de gout, je suis pas une personne vénère, mais quand j’ai découvert des artistes comme Paramod, je me suis vraiment trouvé. J’ai commencé par du sample, je suis passé aussi par des productions plus posées. Quand j’ai découvert Jeff Mills, d’abord, puis progressivement tout les artistes d’indus, je savais que c’était ce que je voulais produire. »

Aujourd’hui, de plus en plus de collectifs fleurissent, presque chaque mois, avec des rêves pleins la tête et des line-up toujours plus chargées. On en touche deux mots au jeune producteur : « Ça a pris du temps, mais maintenant, c’est facile de faire des soirées. Tu as des jeunes qui n’ont rien prouvé, qui se sont lancé et qui marchent aujourd’hui ! Presque n’importe qui peut faire un bon event, et ça a vraiment un coté bénéfique, ça permet aux petits artistes de se produire plus facilement, et dans plusieurs soirées. Mais il y a aussi un coté plus négatif : Il suffit d’un problème d’organisation pour que le matos soit saisi. C’est aux orgas de gérer leurs événements le mieux possible. »

Et au delà des collectifs, les artistes français, ils en sont ou sur la scène internationale ? « La techno indus est vraiment parisienne, un peu allemande, mais les français ont vraiment innové dans ce style. Ça peut être une mode, tout comme ça peut perdurer, je pense que ça dépend de l’artiste : Si des grands noms comme I Hate Models ou Illnurse sont partis pour faire une belle carrière ( ndlr. : Le premier se produisant alors déjà sur les plus grandes scènes européennes), d’autres décollent moins parceque leur style plait moins. ».

Pour percer, il faut alors produire une musique qui plait, avant tout ? Pas forcément, le jeune parisien nous assure : Ses productions viennent avant tout de sa passion, et il fait de la musique pour se faire plaisir avant de faire plaisir à son public, à l’heure ou certains artistes jouent, aussi bien dans leur live que dans leur communication, des personnages finement travaillés. Ørgie travaille en ce moment sur la création d’un label de techno industrielle, et assure que la direction prise sera sombre et violente, à l’image de son travail.

Un mot pour la fin ? « Kick et Distorsion ». Clair, percutant.

Retrouvez Ørgie sur Facebook et Soundcloud

Photos by fgraph

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Rayane Malki

Rayane Malki

Éternel curieux, les études littéraires de Rayane l’ont poussé à développer sa plume et à élargir sa culture. Il co-fonde le projet avec Thomas, et gère le site et son design en plus de la rédaction des articles.