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Musique et souvenirs avec l'équipe de Volum'

Le 3 mai prochain aura lieu la soirée Prélude, gratuiteau 4 éléments. On y retrouvera une fine équipe composée de Dove, DJ Ozone et Moostik, trois anciens de la teuf qui ont de l’expérience et du gallon dans les caissons. On est allé leur poser quelques questions sur leurs projets, leur parcours et leurs souvenirs. De quoi vous donner envie d’aller vous bouger les jambes la semaine prochaine.

  • Comment c’est né, Volum’ ?

Ozone : Notre collaboration avec Moostik a commencé en 1999 avec le Dôme de St Ange et depuis nous avons continué à faire des trucs ensemble régulièrement. C’est l’envie de créer des événements qui a été le moteur de tout ça.

Dove MLEH : J’ai rencontré Moos’ dans les années 2000.  À l’époque j’organisais  une énorme Rave avec mon crew E2R qui s’appelait Synergie. Il nous avait beaucoup aidés pour le booking notamment sur Olivier Giaccomoto et Bertrand. C’était déjà un sacré organisateur,  ça a collé tout de suite.

Moostik : Si on doit se retourner tous les trois, je ne pense pas que l’important soit « Volum’ » mais plus une succession de collabs’. Le point de départ étant le collectif Kartel au Dôme pour Ozone et moi puis Happy And … quand je vivais sur Bordeaux ect … Jusqu’à Volum’ actuellement. Dove, lui a toujours été dans notre paysage, j’ai kiffé bosser sur l’artistique de Synergie puis on s’est un peu perdu de vue et retrouvé récemment. C’est partie de l’envie de le recevoir sur nos platines et le reste c’est rapidement fait seul : on a vite senti que ça le ferait, qu’il pourrait faire avancer le crew. Bref … C’est surtout né d’un goût prononcé pour la fête.

  • Pourquoi ce nom, d’ailleurs ?

Ozone : Parce que plus il y a de Volum’, mieux c’est… 

Dove MLEH : J’ai toujours trouvé le nom de l’asso. bizarre ! Bien sûr qu’on va le mettre le volume haha.

Moostik : Pourquoi pas ? Je sais plus trop en fait, ça a dû être accouché d’une profonde réflexion au sortir d’une soirée. C’est vrai que c’est pas trop « actuel » mais bon… c’est le nôtre. 

  • Vous êtes combien dans le crew ?

Ozone : Actuellement nous sommes trois, Moostik notre pote Dove et moi.

Dove MLEH : Je ne sais pas vraiment combien on est mais au moins je sais que je ne suis pas tout seul haha.

  • Et qui fait quoi exactement ? 

Ozone : Les régies techniques et artistes.

Dove MLEH : Chacun a vraiment une mission au sein du crew. Moi je suis en charge des événements en Province en matière d’orga’. et en charge de la technique numérique (live stream etc). Je suis aussi le graphiste du coup, formation professionnelle oblige.

Moostik : Je me positionne sur la communication. Sur les choix artistiques c’est vrai qu’on a chacun nos bébés : Dove avec ses soirées Repeat ou Break Out à Troyes, Ozone qui attaque avec Hurricane au Folie’s, mes soirées Acid Whirl. Mais ça reste toujours dans une dynamique de groupe, si on sent que le bro se perd sur un choix, on se parle, on s’engueule… Et quoiqu’il en soit les compétences propres à chacun seront mises à contributions pour le projet du troisième.  

  • Vous êtes entrés dans ce monde assez tôt. Finalement, la teuf, c’était mieux avant ?

Ozone : Non je ne dirais pas ça, au début les teufs étaient plus confidentielles et on avait plus l’impression de faire partie d’un monde à part. Aujourd’hui tout a changé, ça s’est vachement plus démocratisé surtout avec les nouveaux médias. Maintenant même ma mère va en teuf !

Dove MLEH : Pour ma part j’avais à peine 18 ans. On avait la rage et l’envie parce que quand tu es jeune, c’est ce qui te fait avancer. Oui,  c’était mieux avant … On connaissait aucun autre système social basé sur l’échange et la liberté que la Techno. Maintenant c’est autre chose mais ça serait faire les vieux cons que de dire que ce n’est pas bien, les choses ont évolué, c’est tout. Mais la Techno est rentrée dans les meurs et c’est pour cela que l’on s’est battu après tout.

Moostik : La Rave a changé, la musique, les DJ’s, on y va plus pour les mêmes raisons… Ça me paraît être sain, si une culture n’évolue pas elle meurt. Les plus jeunes se sont appropriés la Techno avec leurs envies, leurs codes (lexique : quand je dis « Techno » je colle tout dans le même sac : Bass’ music, House, Techno,…). Bien évidement je suis nostalgique de certain aspects et dans dix ans les jeunes de 2019 le seront aussi : ça va dans l’ordre des choses.

  • Que pensez-vous de l’émergence de plus en plus de collectifs en France aujourd’hui ?

Ozone : C’est bien et c’est pas bien, je m’explique. C’est bien dans le sens où tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice avec un brassage des genres qui est plutôt agréable. Par contre du fait des nombreux collectifs existants, la concurrence se fait sentir et il y a tellement d’offres que le public peut être un peu paumé parfois.

Dove MLEH : C’est toujours bien que des collectifs se montent. Cela veut aussi dire qu’il y a  beaucoup de gens et beaucoup  de nouvelles idées qui arrivent. Cela donne aussi accès à notre culture,  sa vraie façon d’exister, avec énormément de public, d’organisateurs et de  DJs  de référence. C’est fédérateur en tout cas.

Moostik : Cela pourrait-être une excellente nouvelle si tant est que l’on puisse mettre un petit peu l’ego de côté. On va pas s’mentir hein, ça a toujours été plus ou moins le concours de b**e dans le game, d’ailleurs ça ne date pas d’aujourd’hui en fait. Mais ça reste une bonne nouvelle oui.

  • Comment ça se passe pour organiser une soirée ?

Ozone : Cela commence par une idée, un concept de soirée puis par la recherche d’un lieu où nous accueillir. Ensuite nous mettons en place un plateau artistique et après se fait un gros travail de communication, recherche de partenaires etc… Facebook est devenu incontournable aujourd’hui pour toucher le plus de monde.

Dove MLEH : C’est plutôt assez simple en fait. On se téléphone, on se voit et on se dit qu’on a envie de faire la fête. Plus sérieusement il y a toujours un projet autour d’un DJ, d’un style ou d’un lieu. Mais c’est vrai que c’est aussi faire la fête avec les autres. ET ça, c’est assez simple en fait, c’est avant tout vouloir vivre.

Moostik : … et moi je passe acheter les bières avant la réunion. 

  • Comment vous arrivez à conjuguer votre travail d’artiste et votre travail d’organisateurs ? 

Ozone : C’est deux choses qui sont liées, suivant le concept, nous adaptons notre travail d’artiste pour coller le plus près à l’ambiance. Etant donné que nous jouons dans nos propres teufs cela se fait naturellement. 

Dove MLEH : C’est assez compliqué pour moi soyons honnête. Dans la vie je suis tatoueur et j’ai mon propre studio (CDC INK). J’ai énormément de taf alors l’organisation de soirées mélangée avec  le travail d’artiste c’est très tendu. J’ai toujours été  un bourreau de travail et je ne dors pas beaucoup  mais il est vrai que vieillissant, il y a des fois la fatigue prend le dessus. Disons pour pas ne pas énerver les autres gars du crew que le gars qui est toujours en retard  dans le groupe c’est moi !

Moostik : Je ne considère plus ça comme un travail (même si ça en est un) dans le sens où je ne vis plus vraiment de cette activité. Pour répondre : difficilement, cela demande beaucoup d’énergie et d’organisation. Finalement je passe plus de temps sur l’orga que sur ma zik même si je ne la néglige pas et c’est un peu frustrant mais au final ça vaut le coup.

Instagram de CDC INK

  • En tant qu’artistes, quelles sont vos inspirations ?

Ozone : L’inspiration vient des gens que nous rencontrons en soirée et de nos expériences personnelles. Ainsi que de la musique d’artistes que nous apprécions. Mais parfois l’inspiration vient toute seule en réécoutant des vieux morceaux par exemple.

Dove MLEH : J’ai été disquaire pendant sept ans à mon propre compte et  je faisais tous les styles de Zik.  Je travaille ma musique dans l’optique d’une médiathèque complète et intemporelle. Disons que je casse beaucoup de code car  j’aime bien mettre du son ou un rappel à du car j’en connais l’histoire. J’aime toutes les musiques, vraiment. J’ai vraiment du mal à me dire ce que je préfère. J’écoute plus de 500 titres en vinyle, cd et mp3 par semaine. Dès qu’il y a une pépite, elle est pour moi. 

Moostik : À la maison J’écoute de tous, avec une grosse préférence pour la black musique (Soul, Funk, …) ça doit forcément donner un côté groove à ma façon de mixer et les morceaux que je choisis, j’ai aussi mon pti côté Punk. Rarement je me passe de l’électronique mais quand je le fait c’est beaucoup la génération montante, que ce soit en productions ou en mix, il y a de vraies propositions.

  • C’est quoi le concept de Prélude ?

Ozone : Prélude est un rendez-vous récurent qui se passe au 4 Élément. C’est un mélange de House et de Techno que le public semble apprécier. Le line up est composé uniquement des résidents Volum’.

Moostik : Il n’y a pas de concept à proprement parler si ce n’est que c’est un rendez-vous où tu peux écouter du full Volum’. S’est initialement un before et ça a glissé sur une soirée mais on aimerait que ça le redevienne. On y joue de la Deep, de la House, de la Techno selon l’heure et surtout les attentes des gens.

  • Vous organisez des soirées spécialisées dans tous les styles. Vous avez une préférence particulière ? 

Ozone : Pour ma part je reste assez fan des mix Techno, plus ou moins durs, mais j’adore aussi m’éloigner vers des sons plus doux et groovy. Sans parler des mixs Acid-Acidcore que nous faisons sous le pseudo Double Bart avec Moostik en B2B, mais tout dépend de la soirée, il faut savoir s’adapter au choix du public.

Dove MLEH : Au  sein de Volum’ on aime tous les domaines électroniques. Certains préfèrent certains styles mais moi j’avoue que je n’ai aucun souci à passer de l’Acid à la Drum’n’Bass en passant par le Hardcore. Mais j’aime aussi le Hip-Hop, la Funk, le Reggae, comme expliqué tout à l’heure. Je n’ai aucune limite question musique, et solo je joue souvent dans d’autres événements sur d’autres styles.

Moostik : Ça va être plus rapide de dire ce que je n’aime pas : L’Electro et l’Electro Dubstep. Sorti de ces deux styles je suis profondément atteint de schizophrénie musicale. (et je ne me soigne surtout pas !)

  • Votre plus beau souvenir de soirée ? Et vos objectifs pour la suite ?

Ozone : Mon plus beau souvenir de soirée est une soirée au Rex, ou Laurent Garnier mixait par-dessus un live d’un norvégien (désolé, j’ai plus le nom), c’était phénoménal, absolument parfait, un voyage incroyable. Nos objectifs sont de continuer sur notre lancée en proposant de belles teufs et de fédérer le public au maximum. Alors suivez notre agenda sur notre page Facebook !

Dove MLEH : Il n’y a QUE des bons souvenirs. Sur 24 ans de mix  on a rencontré 400 000 personnes et fait danser 800 000 pieds ! Reste quand même des choses inoubliables comme boire des bières assis sur des palettes avec Manu le Malin,  manger du quinoa avec Woody Mc Bride, boire un rhum sur le ponton d’une péniche avec Taiwan MC ou faire une bataille de polochons avec Radium dans une auberge de jeunesse. Côté scène, aligner mon live a côté de celui de Crystal Distortion ça a été le choc, le mec il live comme toi tu pourras jamais le faire. Le reste, et tous, autant DJs qu’organisateurs que public, l’échange humain a été la grande ligne de cette histoire, la musique en étant que la bande sonore.

Moostik : Le matos posé sur un coin de table dans un p’tit bar Parisien pour faire de la zic à l’occasion de l’anniversaire d’une amie, le souvenir du balcon d’un Dôme de Saint-Ange avec presque 3000 personnes en dessous en regardant son pote et se dire qu’on l’a fait, ou celui de Laurent Garnier (oui c’est universel chez nous) au 4 Sans à Bordeaux sur un looooong’set, mixer huit heures d’affilée sur le Off des Eurockéennes de Belfort, … L’objectif serait de continuer à s’en faire plein des comme ça.

Rayane Malki

Rayane Malki

Éternel curieux, les études littéraires de Rayane l’ont poussé à développer sa plume et à élargir sa culture. Il co-fonde le projet avec Thomas, et gère le site et son design en plus de la rédaction des articles.