Paris est une fete 8

« Paris est une fête », ou quand le cinéma investit la rue

Impossible ne pas être passé à coté de la vidéo de présentation de « Paris est une fête », audacieux projet porté par une jeune équipe de cinéma amateur. Le tournage, qui a duré trois ans, vient de prendre fin, et le financement de la post-production à deja atteint 62 000€ sur le site de crowd-funding Kickstarter.

La bande-annonce nous laisse voir un Paris mouvementé et un personnage complexe et perdu incarné par l’actrice suisse Noémie Schmidt. L’originalité du projet réside dans le fait que les plans sont filmés à même la ville, au coeur de la foule, sans aucun figurant. Le spectateur est donc plongé au coeur de l’histoire et dans la peau du personnage principal.

Quelques mots avec Paul Saïsset, responsable communication du projet :

  • À qui s’adresse ce film ?

Notre film est avant tout destiné à des gens qui aiment le cinéma. On espère viser un public assez jeune, surtout, on aimerait leur faire quitter un peu Netflix et les series, pour qu’ils retournent au cinéma.

  • Comment ça se passe pour tourner un film en pleine rue ? C’est facile ?

Ca a été plutôt facile, oui. Tout ce qu’il fallait, c’était un dispositif relativement petit, ce qu’on a pu construire, une équipe de deux personnes, une à la camera, et une au son, et les acteurs. La camera étant tellement petite, les gens pensaient que c’était vraiment amateur : c’est du matériel compact, numerique, qui fait pas cinéma au premier coup d’oeil. Le preneur de son, par exemple, a inversé la perche, pour qu’on soit le moins visibles et le plus discret possible, qu’on se fonde dans la masse.

  • Des inspirations ?

La mise en place de ce dispositif vient de notre amour commun pour le cinéma documentaire, on aime beaucoup Chris Marker. Au niveau esthétique, il y a Terrence Malick, pour ce coté camera flottante qu’on a essayé de retrouver. On veut vraiment se démarquer et créer notre truc, même si, contrairement à ce qu’on a pu lire, cette manière de tourner existait déjà auparavant, je pense par exemple à Boyhood (2014, Richard Linklater), même si le tournage était encore différent : Il y avait une vraie équipe de cinéma. 

Image tirée du film « Paris est une fête »
  • Combien de personnes ont participé au tournage ?

Le noyau dur, c’est un dizaine de personnes. Ensuite, quand on a compté les noms, pour la page kickstarter, on est arrivé à quarante-quatre personnes. Ça part du pote qui a porté les sacs pendant le tournage, aux acteurs.

  • Quelles ont été vos réactions par rapport au buzz de la vidéo de présentation ?

C’était une grande surprise pour nous de voir que cette video a autant marché ! Nous, notre projet, c’était d’abord d’expliquer ce qu’on avait fait et comment on l’avait fait, et d’utiliser le même dispositif que le film pour tourner la video. Ce dont on a eu peur, et ce dont on a toujours peur, c’est que le film soit résumé a un portrait du Paris post-attentat. C’est pas notre idée de faire une fiction sur ça, on pense que c’est quelque chose de difficile à faire, voir qu’il ne faut pas faire : qui a envie de revoir ces événements la ? Personne. France 2, il y a quelques temps, a lancé une série sur le sujet, et c’est pas passé du tout, ils ont du abandonner le projet, ça n’aurait pas tenu.

Image tirée du film « Paris est une fête »
  • C’est quoi votre plus grande fierté aujourd’hui ?

D’avoir tenu jusque la, surtout.

  • D’autres idées de films ?

Pas très concretement, pour l’instant on est encore en plein dedans, on est en train de finir le montage, on va attaquer la post-production avec la campagne sur Kickstarter. On aura le temps d’y penser plus tard : bien sur, en fonction de la réussite de ce premier film, on pourra continuer sur cette méthode de production.

  • Que diriez-vous à une équipe de jeune cinéastes amateurs qui veulent se lancer ?

Il faut se lancer et tenir : c’est le plus difficile : Tu peux y mettre tout ton coeur, ca paie difficilement. Nous, on avait pas pensé a une campagne de financement participatif, on y est allé un peu la mort dans l’âme, et finalement, aujourd’hui, on est content d’être passés par cette voie la. C’est beaucoup mieux que de faire des courbettes à tout un tas de producteurs, et aujourd’hui, l’engouement populaire autour de ce projet donne raison ça, surout quand t’es un petit dans milieu.

Le film, encore en financement participatif, nous propose donc une nouvelle vision du cinema, loin du bruit des producteurs et des festivals. Une histoire poétique, d’actualité, filmée par des jeunes, pour des jeunes, et au coeur d’une capitale en mutation constante.

Vous pouvez soutenir le projet sur Kickstarter ainsi que sur Facebook !

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Rayane Malki

Rayane Malki

Éternel curieux, les études littéraires de Rayane l’ont poussé à développer sa plume et à élargir sa culture. Il co-fonde le projet avec Thomas, et gère le site et son design en plus de la rédaction des articles.