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Ritmic Party : Ça donne quoi une teuf en Corse ?

28 juillet dernier, au coeur d’une belle forêt à vingt minutes de Corte, se déroulait une Free party en plein centre de l’Île de beauté, organisée par le collectif ajaccien Ritmic. Le mot d’ordre : faire
jouer uniquement les artistes locaux. Après une heure et demie de route étroite et sinueuse, mon pote et moi arrivons enfin à destination. Une free en Corse, ça donne quoi ?

Un petit mot sur le spot, d’abord : un cadre idyllique avec des pins immenses qui encerclent le lieu, un coin chill avec de nombreuses palettes aménagées en canapés, des pots de fleurs pour les mégots et des sacs poubelles pour les déchets, l’emplacement étant situé au coeur de la région au paysage naturel le plus préservé de France : pas question d’y laisser trainer quoi que ce soit. Cerise sur le gâteau, à 30 secondes du dancefloor, une rivière fraiche qui offrait de l’eau douce et délicate. Un certain luxe de la teuf en somme.

Un programme complet chargé en styles divers, ou l’on retrouve Groenogen b2b Ionescu, de Ritmic, Brume de Haribo HouseDroï b2b Ju.lien de Sound Travel Records, mais également P.O et Jimmy Batt de Solär SoundSystem, dont nous vous avons parlé à l’occasion du Micro Love suivis de Rockezani b2b Supmyla b2b Clementu de OGR, mais aussi Libellule et Charlou de OPAQ Records.

Lors du Free Set, l’équipe en profite pour tester la sono, mais le propriétaire de l’auberge au dessus du lieu ne tarde pas à pointer le bout du nez et débarque assez mécontent. Après cinq minutes de négociations, un accord est passé pour gêner au minimum ses clients et les alentours.
Groenogen commence les hostilités à 20h, au coté de Ionescunous lâchant un bon set tech house, la communauté arrive petit à petit, tout le monde discute, danse et se régale, ambiance au rendez-vous. Jusqu’au moment ou, vers 22h, les flics débarquent sur le spot. Scène surréaliste et tristement trop rare, le dialogue s’installe immédiatement et ceux-ci nous assurent au bout de quelques minutes la continuité de la soirée, à la seule condition que toutes les véhicules soient contrôlées le lendemain.

 

Ce n’est que sur les coups de 23h30 que ces derniers nous font la surprise de revenir avec pour seul but d’attendre la confirmation du maire du village pour continuer la teuf. Celui-ci arrive et les négociations s’achèvent moins d’une heure plus tard : il accepte l’ininterruption de la soirée grâce à la bonne conduite de tous et au respect de l’environnement dans lequel nous étions. Applaudissements et hurlements de joie accompagnent la reprise de la teuf. Brume ne tarde pas à ramener ses vinyles et exhibe avec aisance un set micro à la fois captivant et sombre : la passion commune du son réapparaît après le mauvais épisode.

À 02h apparaissent derrière les platines Ju.lien et Droï, démarrant leur set par le classique Bora de Rone, mettant tout la foule d’accord, avant d’enchainer  sur un set de micro puissante, qui précède la performance de l’irrésistible duo Solär SoundSystem. 

La soirée s’enchaine avec Rockezani, Supmyla et Clementu, mais aussi Libellule et Charlou, tant de bons artistes trop peu connus et proposant pourtant chacun, avec aisance et passion, des heures des heures de mix tous plus fous les uns que les autres.

Même si la musique électronique est aujourd’hui en plein essor grâce aux gros festivals tels que Calvi On The Rocks, Cargèse Sound System ou encore Maghja Festival, regroupant les pionniers des genres, les soirées techno en Corse ne sont pas aussi bien vue qu’on ne le pense. L’état d’esprit y est encore un peu fermé, car, pour grand nombre de personnes et plus encore que sur le continent, techno rime avec problèmes, et apprendre à connaitre et comprendre ce monde et sa communauté reste un effort qui parait insurmontable.

Un énorme bigup aux orgas qui ont investi énormément de temps et d’argent, aux DJ’s qui se sont donné au max, au public qui ont contribué à l’ambiance.

Photos : Marien Hvala

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Marien Hvala

Marien Hvala

Originaire de Corse, ce jeune photographe basé à Paris n’a plus à prouver son talent pour l’image. Esthétique et pureté sont les mots d’ordre de son travail. Il organise les interviews d’artistes et rédige également plusieurs papiers pour le site.